
Descendre doucement et se laisser submerger.
Découvrir un ciel au soleil dairain,
Dans leau azur du berceau,
La caresse de la grande baleine bleue
Et couler.
Se laisser envahir par la nuit de satin
Juste comme il faut
Et frôler les cieux.
Sélever lentement vers les étoiles
Sur le dos dun fabuleux cheval
Et sous le chant de la baleine
Entendre celui du cygne
Une plainte à peine,
Digne.
La terre est à lenvers
Entre Romulus et Remus
Mes traces laissent sur lhumus
Des empreintes décume sur la mer.
Alors
Il pleut des larmes de nacre
Et dor
Dans des cirrus de coquillages.
Alors
Je guiderai mes pas sur des nuages
Seul, sur locéan aux couleurs de macres
Et de météores.

En hommage aux victimes du terrible Tsunami qui a déférlé ses vagues ravageuses le 26 décembre 2004...
Un simple battement daile
Et Pégase dans son sillon caresse
Lancolie délicatesse
Dans un vallon de capselles.
La rumeur au loin sélève
Plainte sourde de vents couverts
Que les nuages sourds soulèvent,
Comme des galops de poussière !
Et le sang rougit la mer
Devenue subitement carnassière.
Linstant où je vois larmée fantôme pénétrer le ciel
Faisant fuir de lances arrachées, des plumes dhirondelles
Linstant criant des vérités qui blessent sous lenclume de Vulcain
Léclair déchiré aux nues diaboliques dans lil vide de Caïn
Linstant où le temps se fige implacable étrier rouillé, brisé
Simmobilise.
La terre se stigmatise
Eternité!

Jai traversé le grand chemin vers un crépuscule adoré
Voguant sur des flots tel un navire à la coque chargée
Glissant sur mes pas incertains avec le doute
Te tomber sur le sentier de haine des humains.
Jai perdu mes repères dans la nuit glacée, sur cette route
Où les clameurs dAbner fusent encore au lointain !
La terre est figée fossile et la lune supplie la vie
Demain jatteindrais laurore vêtu dun simple droguet
Noir, comme des matins sans soleil surpris
Par leau qui monte, noyant létoffe de mes secrets.
Je souhaite voir au-delà des astres la lumière infinie
Comme londe dune rivière trop sage dans son lit !
Je souhaite mégarer dans des océans de glace
Faire revivre de son sang le sanglier de Méléagre
Bien loin de toutes les affligeantes traces
Déposées par des éclats aux mille palabres.
Or me voici égaré dans léther nuitée
Simple vagabond aux besaces chargées
Dun lourd fardeau, grand et insondable vide
Escorté par des prêtres Sassanides
Invisibles.
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Jai regardé ses grands yeux bleus, ses grands yeux tendres
Il ma dit au revoir, demain sera un autre monde.
Jai regardé ses grands yeux bleus ses grands yeux sombres
Se fermer sans vraiment comprendre.
Son âme est partie, simple vagabonde
Dans les tristes décombres
ombres
Je lui ai serré la main très fort
Jusquau moment de sa mort
Cétait mon amant, mon amour
Et le sera toujours
Son regard sest vidé
Derrière cette petite fenêtre allumée
En haut chambre vingt.
Simple carré de lumière
Dans ce monde si prospère
Où la vie, vie en vain.
Demain je terminerai
Ce chemin de croix que tu portais
Sur ta tombe seront inscrit ces quelques mots :
Mourir daimer, tel fut mon lot !
Adieu mon ami, ma misère
Adieu mon amour , amant sincère.
Ton amour , ton Sida
Moi aussi jy ai droit
Juste ainsi, pour dormir...à côté de toi.
Cest dans la brume matinale
Dune aurore automnale
Que le son triste du glas
Emporté par le vol du choucas
Résonne de vallées en vallées
Dans les villages esseulés.
Cest dans la brume matinale
Dun ciel bien trop sale
Que le gros bourdon
Gémit à lunisson
Dans les plaines et les vallons.
Le vent gifle les vivants
Dun froid vif et cinglant
Et lon célèbre entre les pierres hurlantes,
Bien tristes funérailles pesantes.
La pluie achève les chevaux
qui tirent le lourd fardeau
De la mort.
Alors on ira pas crier dans les chaumines
Car la douleur se tait
Comme la chaleur dans le matin frais
Comme la bouche close de la famine.
Alors on ne pleurera pas
Comme le ciel si triste, si las
Si loin, si bas
Les larmes du trépas.
Alors on ne parlera pas
Car la douleur torture les bouches
Et la mort rend farouche
Les vivants dici bas.
Lorsque midi a sonné
Et que le voile sest levé
La terre respire enfin
Elle roule en poignée sur la tombe
Et sur le couvercle de sapin
Brisant le silence du défunt
Comme le bruit sourd dune bombe.


