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Mercredi 5 janvier 2005

Descendre doucement et se laisser submerger.

Découvrir un ciel au soleil d’airain,

Dans l’eau  azur du berceau,

La caresse de  la grande baleine bleue

Et couler.

Se laisser envahir par la nuit de satin

Juste comme il faut

Et frôler les cieux.

 

S’élever lentement vers les étoiles

Sur le dos d’un fabuleux cheval

Et sous le chant de la baleine

Entendre celui du cygne

Une plainte  à peine,

Digne.

 

La terre est à l’envers

Entre Romulus et Remus

Mes traces laissent sur l’humus

Des empreintes d’écume sur la mer.

 

Alors

Il pleut des larmes de nacre

Et d’or

Dans des cirrus de coquillages.

 

Alors

Je guiderai mes pas sur des nuages

Seul, sur l’océan aux couleurs de macres

Et de météores.

par Bernard Blazin publié dans : Poésie
Mercredi 29 décembre 2004

 

En hommage aux victimes du terrible Tsunami qui a déférlé ses vagues ravageuses le 26 décembre 2004...

 

Un simple battement d’aile
Et Pégase dans son sillon caresse
L’ancolie délicatesse
Dans un vallon de capselles.

La rumeur au loin s’élève
Plainte sourde de vents couverts
Que les nuages sourds soulèvent,
Comme des galops de poussière !

Et le sang rougit la mer

Devenue subitement carnassière.

L’instant où je vois l’armée fantôme pénétrer le ciel
Faisant fuir de lances arrachées, des plumes d’hirondelles
L’instant criant des vérités qui blessent sous l’enclume de Vulcain
L’éclair déchiré aux nues diaboliques dans l’œil vide de Caïn
L’instant où le temps se fige implacable étrier rouillé, brisé
S’immobilise.

La terre se stigmatise
Eternité!

par Bernard Blazin publié dans : Poésie
Vendredi 17 décembre 2004

J’ai traversé le grand chemin vers un crépuscule adoré
Voguant sur des flots tel un navire à la coque chargée
Glissant sur mes pas incertains avec le doute
Te tomber sur le sentier de haine des humains.
J’ai perdu mes repères dans la nuit glacée, sur cette route
Où les clameurs d’Abner fusent encore au lointain !

La terre est figée fossile et la lune supplie la vie
Demain j’atteindrais l’aurore vêtu d’un simple droguet
Noir, comme des matins sans soleil surpris
Par l’eau qui monte, noyant l’étoffe de mes secrets.

Je souhaite voir au-delà des astres la lumière infinie
Comme l’onde d’une rivière trop sage dans son lit !
Je souhaite m’égarer dans des océans de glace
Faire revivre de son sang le sanglier de Méléagre
Bien loin de toutes les affligeantes traces
Déposées par des éclats aux mille palabres.

Or me voici égaré dans l’éther nuitée
Simple vagabond aux besaces chargées
D’un lourd fardeau, grand et insondable vide
Escorté par des prêtres Sassanides
Invisibles.

par Bernard Blazin publié dans : Poésie
Mercredi 1 décembre 2004

 

J’ai regardé ses grands yeux bleus, ses grands yeux tendres
Il m’a dit au revoir, demain sera un autre monde.
J’ai regardé ses grands yeux bleus ses grands yeux sombres
Se fermer sans vraiment comprendre.
Son âme est partie, simple vagabonde
Dans les tristes décombres…ombres

Je lui ai serré la main très fort
Jusqu’au moment de sa mort
C’était mon amant, mon amour
Et le sera toujours

Son regard s’est vidé
Derrière cette petite fenêtre allumée
En haut chambre vingt.
Simple carré de lumière
Dans ce monde si prospère
Où la vie, vie en vain.

Demain je terminerai
Ce chemin de croix que tu portais
Sur ta tombe seront inscrit ces quelques mots :
Mourir d’aimer, tel fut mon lot !

Adieu mon ami, ma misère
Adieu mon amour , amant sincère.
Ton amour , ton Sida
Moi aussi j’y ai droit
Juste ainsi, pour dormir...à côté de toi.

par Bernard Blazin publié dans : Poésie
Jeudi 4 novembre 2004

C’est dans la brume matinale
D’une aurore automnale
Que le son triste du glas
Emporté par le vol du choucas
Résonne de vallées en vallées
Dans les villages esseulés.

C’est dans la brume matinale
D’un ciel bien trop sale
Que le gros bourdon
Gémit à l’unisson
Dans les plaines et les vallons.

Le vent gifle les vivants
D’un froid vif et cinglant
Et l’on célèbre entre les pierres hurlantes,
Bien tristes funérailles pesantes.

La pluie achève les chevaux
qui tirent le lourd fardeau
De la mort.

Alors on ira pas crier dans les chaumines
Car la douleur se tait
Comme la chaleur dans le matin frais
Comme la bouche close de la famine.

Alors on ne pleurera pas
Comme le ciel si triste, si las
Si loin, si bas
Les larmes du trépas.

Alors on ne parlera pas
Car la douleur torture les bouches
Et la mort rend farouche
Les vivants d’ici bas.

Lorsque midi a sonné
Et que le voile s’est levé
La terre respire enfin
Elle roule en poignée sur la tombe
Et sur le couvercle de sapin
Brisant le silence du défunt
Comme le bruit sourd d’une bombe.

par Bernard Blazin publié dans : Poésie
 
 
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