
De lautre côté du tableau les avions ne se font plus la guerre, les enfants jouent à rire et les hommes sélèvent doucement dans le ciel sur la Grand Place de Bruxelles.
Sélèvent-ils ou alors au contraire est-ce le ciel qui pleure nos âmes ?
Cest étrange comme un gaucher ressemble à un droitier, comme un homme ressemble à un autre homme.
Je suis figé là, dans lespace entre le temps qui avance et qui recule sans savoir exactement où je dois me placer. Suis-je lun deux ? Où suis-je ? Qui suis-je en vérité ?
Jai perdu mon ombrelle à la terrasse du café du commerce, jétais tout près dune jeune femme au chignon tiré lorsque jai vu sur sa joue perler une larme, douce goutte de rosée déposée sur un écrin de satin.
Je nai pu la consoler ne connaissant pas lorigine de son chagrin.
Jétais venu ici pour peindre sans doute, je ne sais pas, je ne sais plus.
Alors, jai coiffé mon chapeau melon et enfilé mon manteau noir et dans le doute de mon être jai rejoins les autres, ambidextres, en espérant un jour avoir ladresse dapaiser la douleur des femmes qui sanglotent à la terrasse du café du commerce de Bruxelles.


