
Derrière moi la grande grille de fer forgé sétait refermée en grinçant.
Le brouillard pénétrait les végétaux dans lhiver où le givre nen finissait plus de friser les toits.
Je métais retourné en regardant mes pas laissés. Dans lallée centrale derrière la grande barrière un tilleul majestueux avait gardé sa ramure rouge dautomne puis lentement ses feuilles sétaient recroquevillées sous le gel.
Les gravillons luisants tiraient vers eux la lumière pâle du ciel en sévanouissant plus loin vers le cabanon proche dune grande croix perdue dans la brume et dont je devinais la silhouette sombre.
Alors japerçus leurs visages tristes et noirs, des visages penchés en avant des visages qui suivaient eux aussi mes traces.
Ils nétaient pas très nombreux.
Il y avait là le père Anselme, Etienne Michot, La Louise et dautres dont je ne connaissais pas le nom.
Cétait il y a si longtemps maintenant mais je men souviens encore.
Maintenant je vois défiler les saisons depuis mon trou comme au travers une fenêtre embuée et aujourdhui dans cet après-midi de pluie, jobserve mon petit jardin.
Elle, elle avait planté une glycine et semé des capucines près de moi. Leurs grandes feuilles recueillent les larmes du ciel que je pleure et les grappes de fleurs violines se courbent sur mon corps froid.
Je mennuie...


