
En hommage aux victimes du terrible Tsunami qui a déférlé ses vagues ravageuses le 26 décembre 2004...
Un simple battement daile
Et Pégase dans son sillon caresse
Lancolie délicatesse
Dans un vallon de capselles.
La rumeur au loin sélève
Plainte sourde de vents couverts
Que les nuages sourds soulèvent,
Comme des galops de poussière !
Et le sang rougit la mer
Devenue subitement carnassière.
Linstant où je vois larmée fantôme pénétrer le ciel
Faisant fuir de lances arrachées, des plumes dhirondelles
Linstant criant des vérités qui blessent sous lenclume de Vulcain
Léclair déchiré aux nues diaboliques dans lil vide de Caïn
Linstant où le temps se fige implacable étrier rouillé, brisé
Simmobilise.
La terre se stigmatise
Eternité!
Du jazz...Plus pour les adeptes de la trompette bouchée..A lire et à écouter:http://www.la-plume-et-lencrier.com/divers/Joe Pass & J.J. Johnson - Nature boy.mp3

Dans cet hiver parisien qui nen finit pas ou plus, sur le trottoir près dune sortie Guimard du métropolitain, un homme noir et une trompette bouchée rêvent.
Deux jeunes montent les escaliers, écoutent la musique froide qui réchauffe le cur des passants aux soucis, fièvre davant fête.
-Hé man ! Fais nous encore entendre le son de ton instrument.
Alors le son sélève dans la bruine et la brume et la musique résonne sur les ampoules qui clignotent de faux sapins. Deux ou trois gamins, le blanc des yeux bien bleu sémerveillent devant ce drôle de pantin.
La caisse est vide, le coffre est plein et le chapeau recueille un ou deux euros.
Mais la richesse du cur est plus présente que la pauvreté de lêtre qui souffle dans sa trompette.
-Hé Man ! Cest beau ce que tu joues là
Une larme perle, perle perdue, comme noyée dans locéan aux vapeurs déchappements.
Il neige.
Cette perle vient de se poser sur le cuivre cristal de givre, la nuit tombe porte de Pantin, à Paris, un soir dhiver, sous la neige et les phares entre deux coquillages.

Jai traversé le grand chemin vers un crépuscule adoré
Voguant sur des flots tel un navire à la coque chargée
Glissant sur mes pas incertains avec le doute
Te tomber sur le sentier de haine des humains.
Jai perdu mes repères dans la nuit glacée, sur cette route
Où les clameurs dAbner fusent encore au lointain !
La terre est figée fossile et la lune supplie la vie
Demain jatteindrais laurore vêtu dun simple droguet
Noir, comme des matins sans soleil surpris
Par leau qui monte, noyant létoffe de mes secrets.
Je souhaite voir au-delà des astres la lumière infinie
Comme londe dune rivière trop sage dans son lit !
Je souhaite mégarer dans des océans de glace
Faire revivre de son sang le sanglier de Méléagre
Bien loin de toutes les affligeantes traces
Déposées par des éclats aux mille palabres.
Or me voici égaré dans léther nuitée
Simple vagabond aux besaces chargées
Dun lourd fardeau, grand et insondable vide
Escorté par des prêtres Sassanides
Invisibles.

De lautre côté du tableau les avions ne se font plus la guerre, les enfants jouent à rire et les hommes sélèvent doucement dans le ciel sur la Grand Place de Bruxelles.
Sélèvent-ils ou alors au contraire est-ce le ciel qui pleure nos âmes ?
Cest étrange comme un gaucher ressemble à un droitier, comme un homme ressemble à un autre homme.
Je suis figé là, dans lespace entre le temps qui avance et qui recule sans savoir exactement où je dois me placer. Suis-je lun deux ? Où suis-je ? Qui suis-je en vérité ?
Jai perdu mon ombrelle à la terrasse du café du commerce, jétais tout près dune jeune femme au chignon tiré lorsque jai vu sur sa joue perler une larme, douce goutte de rosée déposée sur un écrin de satin.
Je nai pu la consoler ne connaissant pas lorigine de son chagrin.
Jétais venu ici pour peindre sans doute, je ne sais pas, je ne sais plus.
Alors, jai coiffé mon chapeau melon et enfilé mon manteau noir et dans le doute de mon être jai rejoins les autres, ambidextres, en espérant un jour avoir ladresse dapaiser la douleur des femmes qui sanglotent à la terrasse du café du commerce de Bruxelles.

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Le fait que jexiste, prouve que le monde na aucun sens... | |
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Je suis un fil de soie, un fil de moi qui file le long de je ne sais quoi et qui court dans un labyrinthe comme perdu dans le colimaçon de la raison, abandonné dans les circonvolutions de mon cerveau quelque peu égaré dans la scissure de Sylvius, enfoui, raisonnable et oublié, tourbillon de vent dans le désert comme la pensée agitée par ses propres vérités, spirale, enroulement, le cur en dedans, les yeux de lautre côté, nud de vipères, un poing serré, une branche darbre décharnée, noire, qui se tord, qui se plie, misère et pitié, richesse et malheur, radeau embarqué sur des rivières stériles, rameau dolivier et blanche colombe, sombre corbeau qui décime les prés, moucheron voletant dans la prairie jusquau soir, le matin dès le retour de lété, glacial, araignée au plafond, tout rond et je glisse sur les murs de chaux vive, presque morte, neige et feu, corps et âme, passé, présent et futur, je suis imparfait. |


