Calendrier

Décembre 2004
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Newsletter

Inscription à la newsletter
 
Mercredi 29 décembre 2004

 

En hommage aux victimes du terrible Tsunami qui a déférlé ses vagues ravageuses le 26 décembre 2004...

 

Un simple battement d’aile
Et Pégase dans son sillon caresse
L’ancolie délicatesse
Dans un vallon de capselles.

La rumeur au loin s’élève
Plainte sourde de vents couverts
Que les nuages sourds soulèvent,
Comme des galops de poussière !

Et le sang rougit la mer

Devenue subitement carnassière.

L’instant où je vois l’armée fantôme pénétrer le ciel
Faisant fuir de lances arrachées, des plumes d’hirondelles
L’instant criant des vérités qui blessent sous l’enclume de Vulcain
L’éclair déchiré aux nues diaboliques dans l’œil vide de Caïn
L’instant où le temps se fige implacable étrier rouillé, brisé
S’immobilise.

La terre se stigmatise
Eternité!

par Bernard Blazin publié dans : Poésie
Dimanche 19 décembre 2004

Du jazz...Plus pour les adeptes de la trompette bouchée..A lire et à écouter:http://www.la-plume-et-lencrier.com/divers/Joe Pass & J.J. Johnson - Nature boy.mp3

 

Dans cet hiver parisien qui n’en finit pas ou plus, sur le trottoir près d’une sortie Guimard du métropolitain, un homme noir et une trompette bouchée rêvent.

Deux jeunes montent les escaliers, écoutent la musique froide qui réchauffe le cœur des passants  aux soucis, fièvre d’avant fête.

-Hé man ! Fais nous encore entendre le son de ton instrument.

Alors le son s’élève dans la bruine et la brume et la musique résonne sur les ampoules qui clignotent de faux sapins. Deux ou trois gamins, le blanc des yeux bien bleu s’émerveillent devant ce drôle de pantin.
La caisse est vide, le coffre est plein et le chapeau recueille un ou deux euros.
Mais la richesse du cœur est plus présente que la pauvreté de l’être qui souffle dans sa trompette.

-Hé Man ! C’est beau ce que tu joues là

Une larme perle, perle perdue, comme noyée dans l’océan aux vapeurs d’échappements.

Il neige.
 
Cette perle vient de se poser sur le cuivre cristal de givre, la nuit tombe porte de Pantin, à Paris, un soir d’hiver, sous la neige et les phares entre deux coquillages.

par Bernard Blazin publié dans : Nouvelles
Vendredi 17 décembre 2004

J’ai traversé le grand chemin vers un crépuscule adoré
Voguant sur des flots tel un navire à la coque chargée
Glissant sur mes pas incertains avec le doute
Te tomber sur le sentier de haine des humains.
J’ai perdu mes repères dans la nuit glacée, sur cette route
Où les clameurs d’Abner fusent encore au lointain !

La terre est figée fossile et la lune supplie la vie
Demain j’atteindrais l’aurore vêtu d’un simple droguet
Noir, comme des matins sans soleil surpris
Par l’eau qui monte, noyant l’étoffe de mes secrets.

Je souhaite voir au-delà des astres la lumière infinie
Comme l’onde d’une rivière trop sage dans son lit !
Je souhaite m’égarer dans des océans de glace
Faire revivre de son sang le sanglier de Méléagre
Bien loin de toutes les affligeantes traces
Déposées par des éclats aux mille palabres.

Or me voici égaré dans l’éther nuitée
Simple vagabond aux besaces chargées
D’un lourd fardeau, grand et insondable vide
Escorté par des prêtres Sassanides
Invisibles.

par Bernard Blazin publié dans : Poésie
Jeudi 16 décembre 2004

De l’autre côté du tableau les avions ne se font plus la guerre, les enfants jouent à rire et les hommes s’élèvent doucement dans le ciel sur la Grand Place de Bruxelles.

S’élèvent-ils ou alors au contraire est-ce le ciel qui pleure nos âmes ?
C’est étrange comme un gaucher ressemble à un droitier, comme un homme ressemble à un autre homme.
Je suis figé là, dans l’espace entre le temps qui avance et qui recule sans savoir exactement où je dois me placer. Suis-je l’un d’eux ? Où suis-je ? Qui suis-je en vérité ?

J’ai perdu mon ombrelle à la terrasse du café du commerce, j’étais tout près d’une jeune femme au chignon tiré lorsque j’ai vu sur sa joue perler une larme, douce goutte de rosée déposée sur un écrin de satin.
Je n’ai pu la consoler ne connaissant pas l’origine de son chagrin.
J’étais venu ici pour peindre sans doute, je ne sais pas, je ne sais plus.

Alors, j’ai coiffé mon chapeau melon et enfilé mon manteau noir et dans le doute de mon être j’ai rejoins les autres, ambidextres, en espérant un jour avoir l’adresse d’apaiser la douleur des femmes qui sanglotent à la terrasse du café du commerce de Bruxelles.

par Bernard Blazin publié dans : Nouvelles
Mardi 14 décembre 2004

Le fait que j’existe, prouve que le monde n’a aucun sens...

Je suis un fil de soie, un fil de moi qui file le long de je ne sais quoi et qui court dans un labyrinthe comme perdu dans le colimaçon de la raison, abandonné dans les circonvolutions de mon cerveau quelque peu égaré dans la scissure de Sylvius, enfoui, raisonnable et oublié, tourbillon de vent dans le désert comme la pensée agitée par ses propres vérités, spirale, enroulement, le cœur en dedans, les yeux de l’autre côté, nœud de vipères, un poing serré, une branche d’arbre décharnée, noire, qui se tord, qui se plie, misère et pitié, richesse et malheur, radeau embarqué sur des rivières stériles, rameau d’olivier et blanche colombe, sombre corbeau qui décime les prés, moucheron voletant dans la prairie jusqu’au soir, le matin dès le retour de l’été, glacial, araignée au plafond, tout rond et je glisse sur les murs de chaux vive, presque morte, neige et feu, corps et âme, passé, présent et futur, je suis imparfait.

Je suis.

Je suis ...

Je suis un fil de soie, un fil de moi qui file le long de je ne sais quoi...

Pourquoi ?

par Bernard Blazin publié dans : Nouvelles
 
 
Blog : Lesbien sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus