Calendrier

Novembre 2004
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          
<< < > >>

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Newsletter

Inscription à la newsletter
 
Mercredi 1 décembre 2004

 

J’ai regardé ses grands yeux bleus, ses grands yeux tendres
Il m’a dit au revoir, demain sera un autre monde.
J’ai regardé ses grands yeux bleus ses grands yeux sombres
Se fermer sans vraiment comprendre.
Son âme est partie, simple vagabonde
Dans les tristes décombres…ombres

Je lui ai serré la main très fort
Jusqu’au moment de sa mort
C’était mon amant, mon amour
Et le sera toujours

Son regard s’est vidé
Derrière cette petite fenêtre allumée
En haut chambre vingt.
Simple carré de lumière
Dans ce monde si prospère
Où la vie, vie en vain.

Demain je terminerai
Ce chemin de croix que tu portais
Sur ta tombe seront inscrit ces quelques mots :
Mourir d’aimer, tel fut mon lot !

Adieu mon ami, ma misère
Adieu mon amour , amant sincère.
Ton amour , ton Sida
Moi aussi j’y ai droit
Juste ainsi, pour dormir...à côté de toi.

par Bernard Blazin publié dans : Poésie
Lundi 29 novembre 2004

Elle est partie...Je la regrette déjà...

Vois le vent glacé qui rougit tes joues, Gitane. Vois tes mains qui brûlent de froid. Je te réchauffe gitane, tu me fais du mal, tu me fais du bien, ta chanson m’ensorcèle, je ne peux résister.

Je sens, gitane ta peau acre et si suave à la fois, ta peau fine et douce.

Regarde gitane, un rayon de soleil brille là bas sur la place Saint Sulpice comme un automne andalou. Ecoute, gitane, le bruit des pas sur le chemin comme autant de castagnettes dans la paume de tes mains fines, si fines, tellement douces comme du papier de soie.

Gitane absente, tu ne me réponds pas, tu ne me vois pas, tu m’ignores. Alors je sens dans la braise de tes yeux la colère et de mes mains tu traces les lignes de mon destin.
Pas gai, Gitane, pas gai...
Mais mon amour pour toi ne peut se résoudre à ton absence, ainsi tu le dis, ainsi je partirai...

Dans l’azur gris de bruine d’un Paris humide, je glisse ton doigt ganté à mes lèvres. Le pavé est luisant. Tu as fini ta danse folle sur le bord d’un trottoir avec ta robe blanche ourlée de pourpre dans des volutes de fumée bleutée.


Adios gitane !

par Bernard Blazin publié dans : Nouvelles
Mercredi 10 novembre 2004

 

L'art ne reproduit pas le visible, il fait apparaître l’invisible de l’esprit...

Il joue du bois comme le musicien joue de l’archet.
Sous ses doigts la fibre se tend, s’épanche, se tord, se vrille.
Sous ses mains, la matière se colle, se soude, résonne.

L’arbre est mort mais son âme vibre encore, l’instrument vient de naître.

Ses lignes sont une ode à la beauté tant ses formes lui rappellent celles d’une femme.
Elles sont courbes, douces et élégantes.
L’homme vient de créer l’équilibre de la beauté absolue, la violence du feu et la tendresse d’une caresse.

Dans le dernier violon du luthier, l’âme de l’érable s’éveille.

Il le prend délicatement entre ses mains et sent le souffle tiède de l’écorce blessée puis perçoit un nouveau cœur battre.

Alors brillant d’un vernis rouge automne, il approche l’instrument de son cou et sa peau épouse les courbures lascives.

L’archet se déploie tirant sur les cordes une note si pure que l’artisan laisse perler une larme qui coule et roule le long de la chanterelle.

Le violon, bruit de la forêt, entre en résonance avec l’esprit de l’artiste.

Dans le petit atelier du fond du village, la fenêtre laisse apparaître en ombre chinoise l’instant sacré d’une union parfaite.

Au loin dans les bosquets, le vent enveloppe les arbres, et dans la nuit les feuilles des arbres noueux entament une étrange symphonie, accompagnant ainsi le soliste et son ami.

par Bernard Blazin publié dans : Nouvelles
Dimanche 7 novembre 2004

Il y a dans la forêt des bruits qui ressemblent à des paroles.
(Jean Giono)

Aile droite du château. Derrière la fenêtre à petits carreaux, on s’agite. Sur la grande table de bois, du vin blanc et des pâtés pour la collation. On enfile en hâte mais avec précaution la redingote de velours, les bottes noires et les gants. Certains se font ajuster le nœud plat à double rabat de la cravate anglaise.

Dans le petit matin frais et brumeux, le soleil s’élève au-dessus de la forêt faisant briller chaque bouton de la tenue de piqueur d’une étrange couleur mordorée. Dans quelques instants, ils seront face au manoir pour sonner le réveil. Alors on boit une rasade de vin avec laquelle on se gargarise pour entonner les sonneries sans instrument. A l’autre bout, c’est le calme absolu parfois rompu par le souffle d’un cheval qui s’agite dans l’écurie.

Bien plus haut, sur une colline, un grand cerf, bois aux vents, hume l’air. Il sait que dans la grande allée couverte de feuilles mortes, la meute approche. Les truffes des chiens courent plus vite que leurs pattes et la trompe résonne au loin.

C’est le débuché. Alors, les piqueux s’interrogent au travers des spirales de cuivre. La coterie s'élance suivie des invités mais la rivière freine les chasseurs. Grand Seigneur, le daguet montre un toupet blanc. Il se glisse entre les arbres, disparaît.

Lorsque le jour décline, les cavaliers, leurs chevaux usés regagnent les loges et dans le silence de la nuit, le grand cerf brame à la lune.

Solennels, les cors appellent aux honneurs de leurs timbres vibrés.

par Bernard Blazin publié dans : Nouvelles
Jeudi 4 novembre 2004

C’est dans la brume matinale
D’une aurore automnale
Que le son triste du glas
Emporté par le vol du choucas
Résonne de vallées en vallées
Dans les villages esseulés.

C’est dans la brume matinale
D’un ciel bien trop sale
Que le gros bourdon
Gémit à l’unisson
Dans les plaines et les vallons.

Le vent gifle les vivants
D’un froid vif et cinglant
Et l’on célèbre entre les pierres hurlantes,
Bien tristes funérailles pesantes.

La pluie achève les chevaux
qui tirent le lourd fardeau
De la mort.

Alors on ira pas crier dans les chaumines
Car la douleur se tait
Comme la chaleur dans le matin frais
Comme la bouche close de la famine.

Alors on ne pleurera pas
Comme le ciel si triste, si las
Si loin, si bas
Les larmes du trépas.

Alors on ne parlera pas
Car la douleur torture les bouches
Et la mort rend farouche
Les vivants d’ici bas.

Lorsque midi a sonné
Et que le voile s’est levé
La terre respire enfin
Elle roule en poignée sur la tombe
Et sur le couvercle de sapin
Brisant le silence du défunt
Comme le bruit sourd d’une bombe.

par Bernard Blazin publié dans : Poésie
 
 
compteur pour site internet sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus