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Jai regardé ses grands yeux bleus, ses grands yeux tendres Il ma dit au revoir, demain sera un autre monde. Jai regardé ses grands yeux bleus ses grands yeux sombres Se fermer sans vraiment comprendre. Son âme est partie, simple vagabonde Dans les tristes décombres
ombres
Je lui ai serré la main très fort Jusquau moment de sa mort Cétait mon amant, mon amour Et le sera toujours
Son regard sest vidé Derrière cette petite fenêtre allumée En haut chambre vingt. Simple carré de lumière Dans ce monde si prospère Où la vie, vie en vain.
Demain je terminerai Ce chemin de croix que tu portais Sur ta tombe seront inscrit ces quelques mots : Mourir daimer, tel fut mon lot !
Adieu mon ami, ma misère Adieu mon amour , amant sincère. Ton amour , ton Sida Moi aussi jy ai droit Juste ainsi, pour dormir...à côté de toi.
par Bernard Blazin
publié dans :
Poésie

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Elle est partie...Je la regrette déjà... |
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Vois le vent glacé qui rougit tes joues, Gitane. Vois tes mains qui brûlent de froid. Je te réchauffe gitane, tu me fais du mal, tu me fais du bien, ta chanson mensorcèle, je ne peux résister.
Je sens, gitane ta peau acre et si suave à la fois, ta peau fine et douce.
Regarde gitane, un rayon de soleil brille là bas sur la place Saint Sulpice comme un automne andalou. Ecoute, gitane, le bruit des pas sur le chemin comme autant de castagnettes dans la paume de tes mains fines, si fines, tellement douces comme du papier de soie.
Gitane absente, tu ne me réponds pas, tu ne me vois pas, tu mignores. Alors je sens dans la braise de tes yeux la colère et de mes mains tu traces les lignes de mon destin. Pas gai, Gitane, pas gai... Mais mon amour pour toi ne peut se résoudre à ton absence, ainsi tu le dis, ainsi je partirai...
Dans lazur gris de bruine dun Paris humide, je glisse ton doigt ganté à mes lèvres. Le pavé est luisant. Tu as fini ta danse folle sur le bord dun trottoir avec ta robe blanche ourlée de pourpre dans des volutes de fumée bleutée.
Adios gitane !
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Mercredi 10 novembre 2004
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L'art ne reproduit pas le visible, il fait apparaître linvisible de lesprit... |
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Il joue du bois comme le musicien joue de larchet. Sous ses doigts la fibre se tend, sépanche, se tord, se vrille. Sous ses mains, la matière se colle, se soude, résonne.
Larbre est mort mais son âme vibre encore, linstrument vient de naître.
Ses lignes sont une ode à la beauté tant ses formes lui rappellent celles dune femme. Elles sont courbes, douces et élégantes. Lhomme vient de créer léquilibre de la beauté absolue, la violence du feu et la tendresse dune caresse.
Dans le dernier violon du luthier, lâme de lérable séveille.
Il le prend délicatement entre ses mains et sent le souffle tiède de lécorce blessée puis perçoit un nouveau cur battre.
Alors brillant dun vernis rouge automne, il approche linstrument de son cou et sa peau épouse les courbures lascives.
Larchet se déploie tirant sur les cordes une note si pure que lartisan laisse perler une larme qui coule et roule le long de la chanterelle.
Le violon, bruit de la forêt, entre en résonance avec lesprit de lartiste.
Dans le petit atelier du fond du village, la fenêtre laisse apparaître en ombre chinoise linstant sacré dune union parfaite.
Au loin dans les bosquets, le vent enveloppe les arbres, et dans la nuit les feuilles des arbres noueux entament une étrange symphonie, accompagnant ainsi le soliste et son ami.
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Il y a dans la forêt des bruits qui ressemblent à des paroles. (Jean Giono) |
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Aile droite du château. Derrière la fenêtre à petits carreaux, on sagite. Sur la grande table de bois, du vin blanc et des pâtés pour la collation. On enfile en hâte mais avec précaution la redingote de velours, les bottes noires et les gants. Certains se font ajuster le nud plat à double rabat de la cravate anglaise.
Dans le petit matin frais et brumeux, le soleil sélève au-dessus de la forêt faisant briller chaque bouton de la tenue de piqueur dune étrange couleur mordorée. Dans quelques instants, ils seront face au manoir pour sonner le réveil. Alors on boit une rasade de vin avec laquelle on se gargarise pour entonner les sonneries sans instrument. A lautre bout, cest le calme absolu parfois rompu par le souffle dun cheval qui sagite dans lécurie.
Bien plus haut, sur une colline, un grand cerf, bois aux vents, hume lair. Il sait que dans la grande allée couverte de feuilles mortes, la meute approche. Les truffes des chiens courent plus vite que leurs pattes et la trompe résonne au loin.
Cest le débuché. Alors, les piqueux sinterrogent au travers des spirales de cuivre. La coterie s'élance suivie des invités mais la rivière freine les chasseurs. Grand Seigneur, le daguet montre un toupet blanc. Il se glisse entre les arbres, disparaît.
Lorsque le jour décline, les cavaliers, leurs chevaux usés regagnent les loges et dans le silence de la nuit, le grand cerf brame à la lune.
Solennels, les cors appellent aux honneurs de leurs timbres vibrés. |
Cest dans la brume matinale Dune aurore automnale Que le son triste du glas Emporté par le vol du choucas Résonne de vallées en vallées Dans les villages esseulés.
Cest dans la brume matinale Dun ciel bien trop sale Que le gros bourdon Gémit à lunisson Dans les plaines et les vallons.
Le vent gifle les vivants Dun froid vif et cinglant Et lon célèbre entre les pierres hurlantes, Bien tristes funérailles pesantes.
La pluie achève les chevaux qui tirent le lourd fardeau De la mort.
Alors on ira pas crier dans les chaumines Car la douleur se tait Comme la chaleur dans le matin frais Comme la bouche close de la famine.
Alors on ne pleurera pas Comme le ciel si triste, si las Si loin, si bas Les larmes du trépas.
Alors on ne parlera pas Car la douleur torture les bouches Et la mort rend farouche Les vivants dici bas.
Lorsque midi a sonné Et que le voile sest levé La terre respire enfin Elle roule en poignée sur la tombe Et sur le couvercle de sapin Brisant le silence du défunt Comme le bruit sourd dune bombe.
par Bernard Blazin
publié dans :
Poésie
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