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Le gour de Tazenat -Puy de Dôme
Ce matin là il frappa dun coup sec le sol avec son bâton et leau surgit, une eau claire, limpide, bouillonnante sur lherbe rase de la montagne. Une eau si étincelante au soleil, que les reflets tellement brillants aveuglèrent le vieil homme. Le fil de londe glissa entre ses pieds courant en tous sens à la recherche dune mère, dune rivière.
Mais au pied de lUbac, les pierres déposées autrefois par Atlas et Vulcain, imposant leur volonté, stoppèrent la folle course des flots éclatants. Les roches de porphyre noir furent lentement submergées en silence dans le tumulte de la cataracte.
Au soir, le vieillard sassit sur la grande pierre tout en haut de la montagne et sa silhouette se détachant dans le ciel orangé, il regarda dans le calme absolu ce rond lac dont londe fragile semblait sêtre tendue comme un papier de soie.
Alors dans un dernier geste il lança son bâton qui virevolta un instant dans lazur avant de déchirer le miroir du gour.
Mercredi 29 septembre 2004
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Créer, c'est vivre deux fois... (Albert Camus)
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On entendait le rouet grincer dans tout le village. Les habitants ne prêtaient plus attention à ce bruit que lon entendait partout dans les rues. Cétait chez Louise qui habitait une petite maison près du presbytère.
La Louise cela faisait soixante ans qu'elle cardait la laine, quelle faisait des écheveaux, quelle battait du pied droit son rouet.
Elle avait commencé avec sa grand-mère et sa mère à quatorze ans et depuis, elle ne sétait jamais arrêtée. Quand laïeule fut morte, elles continuèrent à deux, puis sa mère disparut aussi, alors elle poursuivit seule.
Ses mains étaient agiles pour filer le poil du mouton et de longues pelotes sentassaient dans le logis. Parfois, elle sinterrompait et regardait au travers de la fenêtre le cimetière où reposaient les siens. Et le bruit reprenait inondant le village. Elle navait pas besoin de grand chose pour vivre, la Louise. Un peu de pain, du lait, quelques légumes pour le potage, cela suffisait amplement. Le lait cétait pour la minette, finalement, elle naimait pas trop ça le lait.
Et puis un matin plus un bruit! Pas un grincement! Les habitants sinterrogèrent. La Louise venait-elle de passer de vie à trépas? Quelques-uns sapprochèrent de la maison de la vieille femme. Jean, le plus courageux se glissa derrière par le jardin et pénétra par la cuisine. Dans le petit salon, il vit la Louise dans un fauteuil à bascules, recouverte jusquaux hanches par une couverture de laine.
Elle tricotait! |
Mercredi 22 septembre 2004
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Le feu brûle orange. Cest normal à cette altitude dans cette petite plaine où lherbe rase frise dans le vent. Cette plaine où parfois se dressent quelques rochers aiguisés empruntant la place aux arbres trop rares. |
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La fillette au visage sale mais au regard tellement bleu, interroge sa mère.
- Maman, pourquoi notre grand sage ne sort plus de sa tente depuis plusieurs jours ? - Cest quil est gravement malade tu sais ma petite..
Alors Chaïva se lève et marche jusquau rivage. Le grand océan respire à ses pieds de sac et de ressac. Le soleil voilé miroite péniblement dans leau grise. Elle ramasse quelques oursins quelle brise sur le rocher pour en extraire les saveurs marines et ses yeux se perdent au loin dans ce ciel, dans cette mer sans fin, sans homme, sans oiseau. Le vent froid souffle sur son visage et les mèches de ses cheveux semprisonnent dans sa bouche. Mais il entraîne aussi, parfois, la roche usée et un petit caillou frappe sa joue obligeant la fillette à crier de douleur. Une goutte de sang perle sur son visage. Alors inquiète, elle court jusquau bivouac.
-Maman, Maman, est ce que le grand sage va mourir ? -Je ne peux te répondre mon enfant car nul ici nest capable de le soigner -Combien sommes-nous encore ? -Il ne reste plus que dix-sept âmes dans notre tribu, Chaïva -Et après nous quy aura til sur notre planète Mer ? -Rien, plus rien, plus que de la roche et de leau, cest tout... -Cest vrai Maman quautrefois les hommes appelaient notre planète Terre et cet endroit lEverest ? -Oui, Chaïva, cest vrai, cest vrai, mais cest si loin maintenant... |
Mercredi 22 septembre 2004
Ne t'aventure pas dans les ruelles sombres de la vie, jeune humain car il risquerait de t'arriver cette histoire terrifiante. Le rail est déposé méticuleusement sur la jaquette du livre. Le tube aspire rapidement la poudre blanche et le petit prince d'un crépuscule s'élève entre sol et plafond. La pièce est devenue ronde et il tourne avec elle et il danse avec les murs suspendus dans l'éther. Son regard s'émerveille et sourire aux lèvres il admire la neige dorée qui tombe en paillettes sur le parquet. Des oiseaux merveilleux aux couleurs chatoyantes l'entourent. L'un d'eux, le plus courageux sans doute, s'approche de lui. Il ouvre son bec. Des dents horribles, terrifiantes font sursauter l'angelot dans un spasme chaotique. Les crocs se transforment lentement en vipères, cheveux de Méduse. La chimère observe l'enfant et le pétrifie. Alors les reptiles rampent autour de la tête de l'innocent. -Nous allons mourir, donne-nous un peu de ton sang, ce n'est rien pour toi, et tu entendras à nouveau les oiseaux du Paradis chanter... La lame de rasoir tranche les veines des deux poignets du jeune homme et la tête horrible s'engouffre dans le corps de sa victime. En bas dans la ruelle, le saigneur d'agneaux vend sa daube en sachet. Lorsque les sirènes hurlantes aux éclairs bleus tournoient dans le ciel rouge de la cité, l'inconnu s'engouffre pour disparaître sous un porche obscur.
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Même Dieu peut faire des erreurs... Celle-ci pourtant était de taille! |
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J'ai vu des nuits roses et pourpres dans les soleils glacés, perles lumineuses tréfonds du passé. J'ai vu des matins glauques aux senteurs de badiane près de l'étang ou croupissait l'aneth.
Je me suis enfui de tous les rêves nécrophages qui peuplaient mon esprit et hurlé un cri de carnassier, devant la misère que les hommes de ces lieux avaient déposée.
Jai retrouvé le calme auprès de ces rivages noirs, proche de l'abîme où j'étais prêt à me jeter.
Alors, je me suis retourné et jai vu le monde animal à mes côtés, lil dans le ciel qui mavait commandé et la tempête inonder la terre souillée. La coque de bois sest mise à danser plus légère quune feuille morte sur la rivière et nous avons longtemps navigué. Quarante jours et quarante nuits ! Perdu dans les nuées liquides, nous avons vaincu contre vents et marées, la faim, la peur et la soif. Enfin quand toutes les injures furent nettoyées, le délicat messager blanc, me montra le chemin.
Tout semblait parfait mais le doigt quun matin sur moi sétait posé, se dressa dans le firmament lançant un dernier avertissement.
Le Divin avait omis un détail : Cétait un humain son capitaine de bataille.
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