
Soixante ans...Auschwitz....
Lhiver est froid ma petite fille.
As-tu vu cette simple cigarette qui fume là bas, par terre ?
Cest la mienne, je ne peux latteindre, pourtant je lespère, je la veux, jimagine un peu de cette fumée dans mes poumons tellement cela serait bon.
Vois-tu Sarah, je ne peux plus fumer, je nai plus le droit.
Cela mest interdit.
Alors, je me ronge les ongles, oui les ongles, je nai plus rien que ça les ongles et que ces doigts là pour vivre!
Sarah, un jour viendra où les oliviers feront des fruits plus verts que lhabit moche, que lhabit boche, un jour ou le citron sur larbre sera moins acide que lacide de lhomme sur lhomme !
Un jour, Sarah !
Un jour tu comprendras....
Un jour Sarah peut être, un jour, tu pardonneras....
Cette cigarette c'est la mienne et je la veux, je veux aspirer lâcreté de ce maudit qui a lâché de lautre côté des barbelés sa salive sur ce stupide tuyau dherbe séchée.
Sarah !
Ne pleure pas petite fille tu es dix mille six cent soixante, je suis quatre mille deux cent un, et cette fumée noire sera mienne à la prochaine......envolée ?
Tu as le temps, Sarah , tu as le temps.....
Mais au fait? Où sont tes parents ?

Descendre doucement et se laisser submerger.
Découvrir un ciel au soleil dairain,
Dans leau azur du berceau,
La caresse de la grande baleine bleue
Et couler.
Se laisser envahir par la nuit de satin
Juste comme il faut
Et frôler les cieux.
Sélever lentement vers les étoiles
Sur le dos dun fabuleux cheval
Et sous le chant de la baleine
Entendre celui du cygne
Une plainte à peine,
Digne.
La terre est à lenvers
Entre Romulus et Remus
Mes traces laissent sur lhumus
Des empreintes décume sur la mer.
Alors
Il pleut des larmes de nacre
Et dor
Dans des cirrus de coquillages.
Alors
Je guiderai mes pas sur des nuages
Seul, sur locéan aux couleurs de macres
Et de météores.


