La pâte est lourde, ardente.
Alors il roule le sable en fusion dans le natron dEgypte dégageant une fumée âcre comme dans la clepsydre de Satan. Quelque peu dantimoine et de poudre de cobalt pour la couleur et lhomme se met à rouler la boule de feu au bout de la canne à souffler.
Mille degrés, par un de plus, pas un de moins.
Ainsi il souffle la paraison en gonflant les joues comme un trompettiste de jazz noyé dans les fumées dun pub de Brooklyn, et la bulle bleue sétire.
Comme le battant de lhorloge il bat le temps de gauche à droite déformant le pâton qui sallonge en prenant doucement la forme souhaitée ! Et le sable dans le sablier et le battant de lhorloge cessent de vivre, le temps semble suspendu au bout de ses lèvres.
La tenaille emprisonne irrémédiablement la silice rouge et jaune, lhomme étire la lave incandescente bien vite déposée et tournée sur le bois.
Il souffle encore, il sue, il aspire toute la beauté, il expire toutes les vapeurs diaboliques, il se crève, il suse.
La rosée humaine rime la peau et le maillot.
Au bout le feu assèche la gorge mais il continue.
Enfin lobjet de verre a pris corps dans larche de recuis, emprisonnant à tout jamais une multitude de petites bulles infimes éclats dâme du souffleur de verre.
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par Bernard Blazin
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Nouvelles
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