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Il n'y a pas de lieux sacrés ni de personnes sacrées, il n'y a que des instants sacrés, des instants de sagesse. |
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Monastère de Rombuk, 4950m d'altitude. Dans le temple tibétain brûle la lampe au beurre de yak. Le Chomolangma dans le crépuscule rose sétire en paresse, traînant à son sommet un voile de nuages brisés.
A la lueur de létrange lanterne, les ombres sallongent sur les murs de la salle aux prières. Le jeune disciple, crâne rasé, interroge :
-Dis-moi grand sage, demande lenfant, de quoi est composé notre terre ? -Notre planète, reprend le vieillard, est faite deau, de terre, de feu et de roches. -Pourquoi la vie existe telle ? -La vie est un miroir, jeune enfant, dans lequel ton âme peut se refléter. -Alors je ne serais que mirage, simple illusion de mon moi profond ? -Tu es, petit, tu es cest cela lessentiel, ne crois-tu pas ? -Oui, enfin
bien sur, mais je ne comprends pas ce qui nous différencie, nous, les humains ? -Parce que comme notre mère nourricière, la Terre, certains ont une âme dure comme la pierre, malléable comme la glaise, emportée comme le feu, fuyante comme leau. Dautres bien plus rares sont comme toi. Ils ont lâme si pure que le cristal de roche semble bien terne à leur côté.
Dans la nuit intense, au plus profond de lHimalaya, une pensée illumine les ténèbres, simple carré de lumière égaré dans la montagne.
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Dimanche 19 septembre 2004
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Aux pêcheurs des mers.... |
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Le premier à avoir tranché la brume grise était la "Marie Jeanne". La grande voile rouge gonflée par des vents de Terre-Neuve semblait vouloir accrocher le soleil évanoui. Les autres apparurent plus tard, "La Lucie", "Ar Wezenn" et "An Alarg'h" focs jaunes, bonnettes basses. Sur les falaises décharnées, les silhouettes des femmes en noir scrutaient le trouble horizon, robes claquant aux vents tout comme les ailes des navires perdus entre ciel et terre.
Le compte des bateaux se faisait pas à pas. Le premier était déjà proche de la grande digue, lautre plongeait dans les cahots de la mer pour atteindre peu de temps après les nuages, le troisième déchirait à peine encore les embruns. Les mains des femmes, dans le dos, se refermaient sur les poings, et les poings sur les doigts, et les doigts sur la chair.
Enfin, quand tous les chalutiers accostèrent, les ongles des femmes des Terre-neuviens se relâchèrent laissant sur leur peau blanche, des lunes rouges que tous les marins remarquèrent sans oser relever la tête, de peur de ternir le sublime instant des retrouvailles.
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Dimanche 19 septembre 2004

il aiguisé... Juste une traînée de génie derrière la pupille, comme une étincelle. Poils de martre lissés entre les lèvres... Rouge, Indigo , Parme... Flottement du vent, léger courant dair, brise légère, chapeau effacé... Carmin, Vermillon, Garance... Bras tendu, inspiration
respiration... Chaleur, douleur... Jet de lumière sur la toile immaculée Silence.
Mains fatiguées, doigts usés, palette tachée... Surgit la montagne sacrée.
Dimanche 19 septembre 2004
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Avoir quelquefois, le sentiment d'être prisonnier.... |
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La nuit tombe et les étoiles de verre se brisent au firmament. Il est permis de rêver les yeux en haut, hors de soi, dans des voies lactées blanches roses et grises aux profondeurs de limmensité. Mais les pieds sont bien ancrés comme des racines dans le sol, et nulle branche tendue vers léther. Les prunelles de lenfant sinterrogent :
- Où vont donc ces feux-follets scintillants ? Pourquoi suis-je si petit alors que je parais si grand ? Et pourquoi tous ces soleils soupirent-ils en me regardant ?
Alors, la lune sélève dans un sourire vertical, regarde le bambin et se voile derrière les grands arbres de la forêt. Lenfant attend encore un instant la réponse de lamie cosmique. Mais pas un signe, pas une explication !
Tandis que le petit homme sous lemprise dune colère profonde, lance une pierre vers la nuit, la voûte céleste se fend, se fissure, craque. Les étoiles tombent à terre dans un bruit de cristal.
Le jour se lève.
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Dimanche 19 septembre 2004
Que la nuit me donne ses rêves Pour que demain au jour qui se lève La lumière menvahisse Dominante, protectrice.
Nuit offre moi tes rêves Pour quà laurore qui pointe Je sorte des étreintes De ces ténèbres sans teinte.
Nuit offre moi des songes Couleurs despoirs Loin des mensonges Et du désespoir.
...Dormire Noli Dormire Lucet dies nova In hortis mundi Dormire Noli dormire Aperi lumina Florida tua.
Nuit offre moi ton lit Ton cur et ta vie Ta chaleur , ton oubli Ta chanson, ton paradis...
par Bernard Blazin
publié dans :
Poésie
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