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Mercredi 22 septembre 2004
Ne t'aventure pas dans les ruelles sombres de la vie, jeune humain car il risquerait de t'arriver cette histoire terrifiante.

Le rail est déposé méticuleusement sur la jaquette du livre. Le tube aspire rapidement la poudre blanche et le petit prince d'un crépuscule s'élève entre sol et plafond. La pièce est devenue ronde et il tourne avec elle et il danse avec les murs suspendus dans l'éther. Son regard s'émerveille et sourire aux lèvres il admire la neige dorée qui tombe en paillettes sur le parquet. Des oiseaux merveilleux aux couleurs chatoyantes l'entourent. L'un d'eux, le plus courageux sans doute, s'approche de lui. Il ouvre son bec. Des dents horribles, terrifiantes font sursauter l'angelot dans un spasme chaotique. Les crocs se transforment lentement en vipères, cheveux de Méduse. La chimère observe l'enfant et le pétrifie.
Alors les reptiles rampent autour de la tête de l'innocent.

-Nous allons mourir, donne-nous un peu de ton sang, ce n'est rien pour toi, et tu entendras à nouveau les oiseaux du Paradis chanter...

La lame de rasoir tranche les veines des deux poignets du jeune homme et la tête horrible s'engouffre dans le corps de sa victime.

En bas dans la ruelle, le saigneur d'agneaux vend sa daube en sachet. Lorsque les sirènes hurlantes aux éclairs bleus tournoient dans le ciel rouge de la cité, l'inconnu s'engouffre pour disparaître sous un porche obscur.
par Bernard Blazin publié dans : Nouvelles
Mardi 21 septembre 2004

Quel que soit l'âge, pour rêver plus haut, plus loin, plus fort encore...

D’un jardin un beau ballon rouge s’envole dans le ciel ! Je ne sais vraiment d’où il vient, je ne connais pas l’enfant qui de sa petite main a lâché le fil qui le retenait à la terre.
La bulle s’élève et court au gré du vent, au gré des vents, tantôt calmement, tantôt agitée par le brusque souffle des vallons.
J’imagine les yeux du bambin qui de son cadeau perdu, s’emplissent de larmes ou de joie selon le vol du bijou.

Alors, je continue de ramasser l’herbe sèche qui craque dans la braise de mon feu.
La fumée s’élève en un panache bleuté, tantôt droite, tantôt penchée.

Nos yeux à trois lieux se croisent enfin. Les siens sont bleus, les miens ridés et nous avons le même sourire car dans nos désirs désordres nous avons le même souhait:
Que de bien loin les regards soient attirés par les cieux, plus que vers la terre.

par Bernard Blazin publié dans : Nouvelles
Mardi 21 septembre 2004

Même Dieu peut faire des erreurs...
Celle-ci pourtant était de taille!

J'ai vu des nuits roses et pourpres dans les soleils glacés, perles lumineuses tréfonds du passé. J'ai vu des matins glauques aux senteurs de badiane près de l'étang ou croupissait l'aneth.


Je me suis enfui de tous les rêves nécrophages qui peuplaient mon esprit et hurlé un cri de carnassier, devant la misère que les hommes de ces lieux avaient déposée.


J’ai retrouvé le calme auprès de ces rivages noirs, proche de l'abîme où j'étais prêt à me jeter.


Alors, je me suis retourné et j’ai vu le monde animal à mes côtés, l’œil dans le ciel qui m’avait commandé et la tempête inonder la terre souillée. La coque de bois s’est mise à danser plus légère qu’une feuille morte sur la rivière et nous avons longtemps navigué. Quarante jours et quarante nuits !
Perdu dans les nuées liquides, nous avons vaincu contre vents et marées, la faim, la peur et la soif. Enfin quand toutes les injures furent nettoyées, le délicat messager blanc, me montra le chemin.


Tout semblait parfait mais le doigt qu’un matin sur moi s’était posé, se dressa dans le firmament lançant un dernier avertissement.


Le Divin avait omis un détail : C’était un humain son capitaine de bataille.

par Bernard Blazin publié dans : Nouvelles
Mardi 21 septembre 2004

Je l’ai vu pour la première fois un soir d’été. Elle était agenouillée à même le sol et son profil paisible était éclairé par la douce lueur d’un feu de bois. Elle avait les yeux fermés.

Alors la longue plainte est montée de sa gorge comme les braises rougeoyantes vers les étoiles.
Doucement elle a ouvert les paupières et s’est relevée. Sa longue chevelure brune a glissé en ondulant jusqu’au creux de ses reins.
Son corps s’est cambré et jouant avec le feu, ses mains s’élevèrent au-dessus d’elle entre fumées et vapeurs célestes.
Ses sourcils se plissèrent davantage laissant apparaître deux petits sillons tragiques.

La guitare qui l’accompagnait dans sa triste mélodie semblait invisible. Parfois le bois se mettait à craquer dans les accords de l’instrument et le feu ravivé éclairait davantage les deux roulottes.

Enfin dans un dernier claquement de mains, elle frappa la terre de ses talons et sa robe rouge virevolta au travers des flammes.

Le silence revint, une larme coulait sur le bord de sa joue, petite étoile scintillante dans la nuit chavirée. Elle s’agenouilla une dernière fois et referma les yeux.

C’est à cet instant là, que je vis la lune lui sourire.

par Bernard Blazin publié dans : Nouvelles
Mardi 21 septembre 2004

Une plume sur mon oreiller
Ce matin, s’est posée
C’est une plume d’enfant
Celui que tu m’as donné
Une plume d’ange qui vit et qui vole
En courant le matin, à l’école
Cette plume sourit tout le temps
C’est du bonheur pour des parents

C’est la vie qui rit encore
Courant derrière le ballon multicolore
C’est la force de la jeunesse sacrée
Celle de l’enfant adoré

Tu grandis si vite a présent
Mon enfant
Un soir en rentrant de l’université
Tu voudras nous quitter
Pour elle,
Plus belle
Que la réalité

Une plume d’ange s’en est allée
Volée par une si jolie fée
Je te regarde, moi ton vieux père
Si tu savais comme je suis fier

Tu m’as vite dépassé
C’est vrai que maintenant
je suis un peu courbé
Tu as grandi mon enfant

Demain ce sera ton univers
Poussière d’étoiles, je serai
De mon ciel, je te verrai
L’été comme l’hiver
Un matin pourtant
Sur ton oreiller
Mon enfant
Une plume se sera posée

par Bernard Blazin publié dans : Poésie
 
 
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