Le rail est déposé méticuleusement sur la jaquette du livre. Le tube aspire rapidement la poudre blanche et le petit prince d'un crépuscule s'élève entre sol et plafond. La pièce est devenue ronde et il tourne avec elle et il danse avec les murs suspendus dans l'éther. Son regard s'émerveille et sourire aux lèvres il admire la neige dorée qui tombe en paillettes sur le parquet. Des oiseaux merveilleux aux couleurs chatoyantes l'entourent. L'un d'eux, le plus courageux sans doute, s'approche de lui. Il ouvre son bec. Des dents horribles, terrifiantes font sursauter l'angelot dans un spasme chaotique. Les crocs se transforment lentement en vipères, cheveux de Méduse. La chimère observe l'enfant et le pétrifie.
Alors les reptiles rampent autour de la tête de l'innocent.
-Nous allons mourir, donne-nous un peu de ton sang, ce n'est rien pour toi, et tu entendras à nouveau les oiseaux du Paradis chanter...
La lame de rasoir tranche les veines des deux poignets du jeune homme et la tête horrible s'engouffre dans le corps de sa victime.
En bas dans la ruelle, le saigneur d'agneaux vend sa daube en sachet. Lorsque les sirènes hurlantes aux éclairs bleus tournoient dans le ciel rouge de la cité, l'inconnu s'engouffre pour disparaître sous un porche obscur.
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Quel que soit l'âge, pour rêver plus haut, plus loin, plus fort encore... | |
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Dun jardin un beau ballon rouge senvole dans le ciel ! Je ne sais vraiment doù il vient, je ne connais pas lenfant qui de sa petite main a lâché le fil qui le retenait à la terre. |
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Même Dieu peut faire des erreurs... | |
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J'ai vu des nuits roses et pourpres dans les soleils glacés, perles lumineuses tréfonds du passé. J'ai vu des matins glauques aux senteurs de badiane près de l'étang ou croupissait l'aneth.
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Je lai vu pour la première fois un soir dété. Elle était agenouillée à même le sol et son profil paisible était éclairé par la douce lueur dun feu de bois. Elle avait les yeux fermés.
Alors la longue plainte est montée de sa gorge comme les braises rougeoyantes vers les étoiles.
Doucement elle a ouvert les paupières et sest relevée. Sa longue chevelure brune a glissé en ondulant jusquau creux de ses reins.
Son corps sest cambré et jouant avec le feu, ses mains sélevèrent au-dessus delle entre fumées et vapeurs célestes.
Ses sourcils se plissèrent davantage laissant apparaître deux petits sillons tragiques.
La guitare qui laccompagnait dans sa triste mélodie semblait invisible. Parfois le bois se mettait à craquer dans les accords de linstrument et le feu ravivé éclairait davantage les deux roulottes.
Enfin dans un dernier claquement de mains, elle frappa la terre de ses talons et sa robe rouge virevolta au travers des flammes.
Le silence revint, une larme coulait sur le bord de sa joue, petite étoile scintillante dans la nuit chavirée. Elle sagenouilla une dernière fois et referma les yeux.
Cest à cet instant là, que je vis la lune lui sourire.
Une plume sur mon oreiller
Ce matin, sest posée
Cest une plume denfant
Celui que tu mas donné
Une plume dange qui vit et qui vole
En courant le matin, à lécole
Cette plume sourit tout le temps
Cest du bonheur pour des parents
Cest la vie qui rit encore
Courant derrière le ballon multicolore
Cest la force de la jeunesse sacrée
Celle de lenfant adoré
Tu grandis si vite a présent
Mon enfant
Un soir en rentrant de luniversité
Tu voudras nous quitter
Pour elle,
Plus belle
Que la réalité
Une plume dange sen est allée
Volée par une si jolie fée
Je te regarde, moi ton vieux père
Si tu savais comme je suis fier
Tu mas vite dépassé
Cest vrai que maintenant
je suis un peu courbé
Tu as grandi mon enfant
Demain ce sera ton univers
Poussière détoiles, je serai
De mon ciel, je te verrai
Lété comme lhiver
Un matin pourtant
Sur ton oreiller
Mon enfant
Une plume se sera posée


