
Ou les dents de la terre..
Ils avaient tout pour être heureux dans cette vallée fertile. Du gibier à profusion, de belles truites argentées ondulant dans les torrents donde claire et miroitant dans le soleil orangé du matin.
Oui, ils avaient tout pour vivre heureux les hommes de cette contrée et pourtant....
Au loin sur deux petits promontoires de basalte et de lauze, un grand cerf roux fier et fort ainsi quune tendre biche fragile, doux et paisibles fiancés, aimaient à regarder la grande lune sélever dans la vallée.
Mais lhomme avide de ce quil ne peut avoir, affamé de sang et de chasse se mit en quête de nouvelles saveurs plus sauvages encore.
Deux coups de lance suffirent à terrasser le cerf et la biche.
Ce que lhumain ignorait cest que le dix cors était le fils de Taranis Dieu du feu et des cieux et la biche fille de Sianna, Déesse des animaux.
Alors dans un grondement terrible que lon entendit au plus profond de lAuvergne, les deux montagnes sélevèrent et le ciel devint plus noir quune nuit sans lune.
A laurore, le peuple de la vallée avait disparu broyé entre les mâchoires de la terre doù sécoulaient encore la lave figée et le sang des massacreurs sur deux canines aiguisées à tout jamais .
La vie est aussi fugace qu'un arc-en-ciel, qu'un éclair d'orage, qu'une étoile à l'aube...
"Lorsque les pétales de roses se sont envolés et que rien ne laisse espérer un nouvel été, je te regarde.
Je me souviens de ce premier jour où je tai emmenée au bal.
Tu étais si belle dans ta longue robe dorgandi. Un photographe nous avait pris en photo et dans les vapeurs de magnésium, nous avions tant ri.
Cette photo je lai toujours gardée contre mon cur, dans une poche de ma veste ou de ma chemise. Certes, elle a bien jauni maintenant, mais jamais elle ne me quittera.
Et puis nous avons eu nos enfants.
Je les ai vus grandir sur tes genoux au son de lamour. Lécole, le service militaire, le mariage, comme cela est arrivé vite, trop vite.
Alors nous avons vieilli lun contre lautre au rythme des saisons dans notre petit village si bien caché."
"Je te regarde derrière la fenêtre, mon vieil ami, je sais que tu sais. Alors tu nallumeras pas cette cigarette interdite qui pend sur tes lèvres. Je sais aussi, que tu es las et je me rappelle de toi, jeune homme élancé, fier et arrogant. Nous avons essuyé tous nos malheurs sans mot dire, notre bonheur est ici, tous les deux, ensemble. Pourquoi regardes-tu cette rose ainsi? Et quel est ce papier jaune que tu tiens entre tes mains? Tu sembles bien pensif.
Le clocher sonne lheure du repas, il est temps pour toi de rentrer, tu as fait du bon ouvrage aujourdhui. Comme tu as du mal à te redresser ce soir!
Regarde! la première feuille morte se pose sur la pelouse et ta rose vient de perdre son dernier pétale. "

Balade irlandaise...
Dans la lande de lîle, entre chemin de pierres et croix couronnées, entre ciel et mer, entre vents et marées, Sean le petit homme roux court le long de la falaise.
Tel un lutin semblant danser aux brises légères, il se plie et tourne sur lui-même, frisant larête des remparts de la terre.
Cest que Sean ne craint pas le vide, lui le fils baptisé à leau des fées par les Tuatha de Danann, lenfant de la vallée de Glendalough et des forêts aux sols moussus.
Cest en longeant la petite chapelle qu il la vu. Ombre fuyante, sombre et mystérieuse, juste furtive glissant le long des pierres grises aux signes cabalistiques.
A peine perturbé par la vision, Sean presse le pas. Devant léchoppe à lenseigne travaillée, le vent mêle sa chanson aux marins qui s'enivrent.
Alors lhomme enfant entre dans le pub aux odeurs de miel et de whisky.
Ses frères de fées, ses frères de sang boivent et jouent aux fléchettes au fond de la taverne.
Le zéphyr nest pas invité.
Plus tard alors que la nuit rodera sur les plaines, Sean un peu ivre, sinstallera au pied de la croix de Muiredebach et lombre viendra le caresser dans son rêve.
Il fera un dernier tour de danse avec le patron de cette contrée : Saint Patrick.
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Ne rien pouvoir, c'est vivre dans la mort... | |
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Du haut dun rocher, un bras dans le dos, lautre tendu, la main et lindex pointé vers lhorizon, il scrutait. |
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Oser le vent, oser juste une fois, juste un baiser... | |
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Je la regarde qui ondule le ventre comme ondule le vent, les dunes. |


