Cest dans la brume matinale
Dune aurore automnale
Que le son triste du glas
Emporté par le vol du choucas
Résonne de vallées en vallées
Dans les villages esseulés.
Cest dans la brume matinale
Dun ciel bien trop sale
Que le gros bourdon
Gémit à lunisson
Dans les plaines et les vallons.
Le vent gifle les vivants
Dun froid vif et cinglant
Et lon célèbre entre les pierres hurlantes,
Bien tristes funérailles pesantes.
La pluie achève les chevaux
qui tirent le lourd fardeau
De la mort.
Alors on ira pas crier dans les chaumines
Car la douleur se tait
Comme la chaleur dans le matin frais
Comme la bouche close de la famine.
Alors on ne pleurera pas
Comme le ciel si triste, si las
Si loin, si bas
Les larmes du trépas.
Alors on ne parlera pas
Car la douleur torture les bouches
Et la mort rend farouche
Les vivants dici bas.
Lorsque midi a sonné
Et que le voile sest levé
La terre respire enfin
Elle roule en poignée sur la tombe
Et sur le couvercle de sapin
Brisant le silence du défunt
Comme le bruit sourd dune bombe.

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Il était courageux et pourtant... | |
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Je suis le soldat matricule 120-256. |
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Ô mon amour, mon doux mon tendre mon merveilleux amour, de laube claire jusquà la fin des jours, je taime encore, tu sais, je taime. | |
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Le bois craque dans la cheminée rompant le silence. |

Jardin de pluie derrière la fenêtre.
Sans bruit, les herbes sagitent.
Il coule des larmes champêtres
Dun toit aux allures nostalgiques
La terre est sombre, le feuillage obscur
Des couronnes sacrent dans les flaques,
Londe du ciel glissant sur les murs,
Recueillie par la pelouse en petits lacs.
Perles du ciel, limpides, incolores,
Nées dun nuage au ventre gris,
Là-haut dans le froid indolore,
Tombent sur le sol sans bruit.
Un jour nous le ferons renaître
De mille et une fleurs
Ce petit jardin derrière la fenêtre
Dans une trouée dazur et de bonheur.
La loi ne donne pas les mêmes droits aux pauvres qu'aux riches.
(Plaute)
Ils nétaient que deux cent cinquante dans le village den haut et plus de vingt mille dans la ville du bas. Alors forcément, pour nourrir toute la colonie, il fallait construire des usines et les usines demandaient de lénergie et celle ci se trouvait là : En haut dans la montagne aux terres nobles !
Sans bien comprendre les experts géologues, géomètres et compagnie, les vieux durent quitter leur maison. Sans bien comprendre pourquoi, ils durent sacrifier les chèvres, lâne et le maigre fourrage de lété davant.
Ils emportèrent leurs morts et le village se vida.
Mais le plus ancien, contre toute résistance, se terra dans la crypte de léglise et pria aux pieds de la Madone blanche. Alors leau se mit à monter, engloutissant les maisons, les pâturages et la chapelle du village.
Au lendemain soir, la vallée du haut était entièrement recouverte par un lac bleu acier. Toute vie avait disparue!
Cest dans la nuit profonde, que le responsable aux vannes aperçut cette lueur opalescente au centre de létendue stérile.
Dans les ténèbres sans lune, la Madone flottait debout sur londe et brillait étrangement.
Au fond de labysse sombre, les cloches du village se mirent à résonner.


