
Soixante ans...Auschwitz....
Lhiver est froid ma petite fille.
As-tu vu cette simple cigarette qui fume là bas, par terre ?
Cest la mienne, je ne peux latteindre, pourtant je lespère, je la veux, jimagine un peu de cette fumée dans mes poumons tellement cela serait bon.
Vois-tu Sarah, je ne peux plus fumer, je nai plus le droit.
Cela mest interdit.
Alors, je me ronge les ongles, oui les ongles, je nai plus rien que ça les ongles et que ces doigts là pour vivre!
Sarah, un jour viendra où les oliviers feront des fruits plus verts que lhabit moche, que lhabit boche, un jour ou le citron sur larbre sera moins acide que lacide de lhomme sur lhomme !
Un jour, Sarah !
Un jour tu comprendras....
Un jour Sarah peut être, un jour, tu pardonneras....
Cette cigarette c'est la mienne et je la veux, je veux aspirer lâcreté de ce maudit qui a lâché de lautre côté des barbelés sa salive sur ce stupide tuyau dherbe séchée.
Sarah !
Ne pleure pas petite fille tu es dix mille six cent soixante, je suis quatre mille deux cent un, et cette fumée noire sera mienne à la prochaine......envolée ?
Tu as le temps, Sarah , tu as le temps.....
Mais au fait? Où sont tes parents ?

Descendre doucement et se laisser submerger.
Découvrir un ciel au soleil dairain,
Dans leau azur du berceau,
La caresse de la grande baleine bleue
Et couler.
Se laisser envahir par la nuit de satin
Juste comme il faut
Et frôler les cieux.
Sélever lentement vers les étoiles
Sur le dos dun fabuleux cheval
Et sous le chant de la baleine
Entendre celui du cygne
Une plainte à peine,
Digne.
La terre est à lenvers
Entre Romulus et Remus
Mes traces laissent sur lhumus
Des empreintes décume sur la mer.
Alors
Il pleut des larmes de nacre
Et dor
Dans des cirrus de coquillages.
Alors
Je guiderai mes pas sur des nuages
Seul, sur locéan aux couleurs de macres
Et de météores.

En hommage aux victimes du terrible Tsunami qui a déférlé ses vagues ravageuses le 26 décembre 2004...
Un simple battement daile
Et Pégase dans son sillon caresse
Lancolie délicatesse
Dans un vallon de capselles.
La rumeur au loin sélève
Plainte sourde de vents couverts
Que les nuages sourds soulèvent,
Comme des galops de poussière !
Et le sang rougit la mer
Devenue subitement carnassière.
Linstant où je vois larmée fantôme pénétrer le ciel
Faisant fuir de lances arrachées, des plumes dhirondelles
Linstant criant des vérités qui blessent sous lenclume de Vulcain
Léclair déchiré aux nues diaboliques dans lil vide de Caïn
Linstant où le temps se fige implacable étrier rouillé, brisé
Simmobilise.
La terre se stigmatise
Eternité!
Du jazz...Plus pour les adeptes de la trompette bouchée..A lire et à écouter:http://www.la-plume-et-lencrier.com/divers/Joe Pass & J.J. Johnson - Nature boy.mp3

Dans cet hiver parisien qui nen finit pas ou plus, sur le trottoir près dune sortie Guimard du métropolitain, un homme noir et une trompette bouchée rêvent.
Deux jeunes montent les escaliers, écoutent la musique froide qui réchauffe le cur des passants aux soucis, fièvre davant fête.
-Hé man ! Fais nous encore entendre le son de ton instrument.
Alors le son sélève dans la bruine et la brume et la musique résonne sur les ampoules qui clignotent de faux sapins. Deux ou trois gamins, le blanc des yeux bien bleu sémerveillent devant ce drôle de pantin.
La caisse est vide, le coffre est plein et le chapeau recueille un ou deux euros.
Mais la richesse du cur est plus présente que la pauvreté de lêtre qui souffle dans sa trompette.
-Hé Man ! Cest beau ce que tu joues là
Une larme perle, perle perdue, comme noyée dans locéan aux vapeurs déchappements.
Il neige.
Cette perle vient de se poser sur le cuivre cristal de givre, la nuit tombe porte de Pantin, à Paris, un soir dhiver, sous la neige et les phares entre deux coquillages.

Jai traversé le grand chemin vers un crépuscule adoré
Voguant sur des flots tel un navire à la coque chargée
Glissant sur mes pas incertains avec le doute
Te tomber sur le sentier de haine des humains.
Jai perdu mes repères dans la nuit glacée, sur cette route
Où les clameurs dAbner fusent encore au lointain !
La terre est figée fossile et la lune supplie la vie
Demain jatteindrais laurore vêtu dun simple droguet
Noir, comme des matins sans soleil surpris
Par leau qui monte, noyant létoffe de mes secrets.
Je souhaite voir au-delà des astres la lumière infinie
Comme londe dune rivière trop sage dans son lit !
Je souhaite mégarer dans des océans de glace
Faire revivre de son sang le sanglier de Méléagre
Bien loin de toutes les affligeantes traces
Déposées par des éclats aux mille palabres.
Or me voici égaré dans léther nuitée
Simple vagabond aux besaces chargées
Dun lourd fardeau, grand et insondable vide
Escorté par des prêtres Sassanides
Invisibles.


